Les voix de la durabilité

Plateforme électorale SIA 2023

« Pour développer l’économie circulaire, il est nécessaire de revaloriser la réparation » - Lisa Mazzone est candidate au Conseil des États. Elle répond à trois questions sur son engagement en faveur d’un cadre de vie durable

Date03.11.2023
AuteurCommunication SIA
E-Mailkommunikation@sia.ch
« Pour développer l’économie circulaire, il est nécessaire de revaloriser la réparation » - Lisa Mazzone est candidate au Conseil des États. Elle répond à trois questions sur son engagement en faveur d’un cadre de vie durable

La Conseillère aux États Lisa Mazzone (Verts/GE) siège au Parlement depuis 2011. Peu avant le second tour de l’élection au Conseil des États, la bâtisseuse de la durabilité revient sur sa vision d’un cadre de vie durable et les objets qui l’ont occupée au sein de la commission de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’énergie, lors de la législature 2019-2023. 

En tant que candidate sur la plateforme électorale de la SIA, vous vous engagez pour un espace de vie conçu de manière durable. Qu'est-ce que cela signifie concrètement ?

J’estime que toute personne a le droit de vivre dans un environnement sain, en ville ou à la campagne. Le réchauffement climatique et l’érosion de la biodiversité sont les deux grands défis auxquels nous devons répondre, mais ils offrent aussi l'occasion d’améliorer la qualité de vie. Cela passe en particulier par la réduction du bruit et des nuisances, avec une limitation du trafic et une réduction de la vitesse, qui doivent permettre de regagner des zones de convivialité dans l’espace public. Le développement des transports publics doit être une priorité pour accompagner ces transformations. L’accès à la nature et à des lieux ressourçants, également en zone urbaine, est nécessaire, notamment pour lutter contre les îlots de chaleur. Enfin, la révision de la loi sur l’aménagement du territoire est un progrès notable pour préserver la nature et les terres agricoles en-dehors de la zone bâtie. 

Quels sont les thèmes de la législature 2019-2023 qui vous ont occupée jusque-là ?

Au sein de la commission de l’environnement, de l’aménagement du territoire et de l’énergie, je me suis engagée pour lutter contre le mitage du territoire, pour le développement rapide et respectueux de la nature des énergies renouvelables, en particulier du solaire. Nous avons réussi à dégager des compromis importants sur ces deux objets, auxquels j’ai activement participé. En revanche, la protection et le développement de la biodiversité tout comme les réponses conséquentes à l’urgence climatique n’ont pas trouvé de majorité. Ces sujets devront absolument occuper le Parlement durant les quatre années à venir.

Quels seront vos premiers projets en cas de réélection ?

Préserver un cadre de vie sain et de qualité en empêchant les attaques contre la protection contre le bruit. En effet, la majorité de la CEATE-E veut permettre la construction d’habitations « aquariums » dans des zones soumises au bruit, à condition qu’il y ait une ventilation contrôlée. Cela signifierait qu’aucune fenêtre ne respecterait les valeurs de protection contre le bruit. Cela va à l’encontre de tous les efforts des villes et détourne de la nécessité de réduire le bruit à la source. Les coûts liés au bruits sont pourtant colossaux, l’OFEV les estime à CHF 2.8 milliards par année, dont plus de la moitié pour des raisons de santé. 

Un autre projet que j'entends poursuivre est celui de développer l’économie circulaire. Pour réduire drastiquement la montagne de déchets, il est nécessaire de revaloriser la réparation. La France ou l’Autriche ont mis en place un bonus réparation pour développer ce secteur et surmonter le frein que représente le coût de la main d’œuvre, pourquoi pas la Suisse?